Contre-courants | Présentation
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Présentation

Contre-courants,

la Nouvelle Vague des cinémas d’Asie du Sud

Contre-courants est une plateforme dédiée à la diffusion et à la connaissance des cinémas de l’Inde, du Bangladesh, du Népal, du Pakistan et du Sri Lanka en France.

 

Fondée par Hélène Kessous et Némésis Srour,  Contre-courants rassemble des professionnels du cinéma aux spécialisations variées, permettant de vous proposer une large palette de services, de la conception d’une programmation à son accompagnement pédagogique.

L’Asie du Sud, c’est tout un continent de cinéma à explorer.

 

Depuis quelques années, le cinéma indien est distribué sur nos écrans et que vous ayez envie de films hindi aussi éclectiques que Devdas, The Lunchbox, Lagaan ou encore Gangs of Wasseypur et Titli ; que vous soyez attiré par toute la vitalité des scènes régionales : le dynamisme de la scène marathie, la qualité artistique du cinéma bengali ou encore la ferveur de la production malayalam ; vous devez ressentir un manque sur les écrans français.

 

Que dire alors des cinémas du Népal, du Bangladesh, du Pakistan et de Sri Lanka ?

 

Contre-courants vous propose un espace chaleureux et convivial  pour découvrir cette foisonnante cinématographie en vous offrant une large palette de films, allant de la fiction aux documentaires, en passant par les films d’animation, les courts, moyens ou long-métrages sans oublier toutes les nuances des productions régionales.

 

Toujours dans un esprit d’échange, nous accompagnons les films en alliant présentation des contextes social et cinématographique, et d’un débat à la fin de la séance.

« Tout le monde a en tête une image de ce que peut être le cinéma indien sans même avoir vu un seul film » disaient Monique Dagnaud & Kristian Feigelson, sociologues des industries culturelles, lors d’une conférence sur le sujet. Et si le cinéma  indien reste moins présent sur les écrans de cinémas français que sur les écrans anglais ou américains – et cela s’explique aisément par la diaspora indienne plus importante dans ces pays – de nouvelles initiatives travaillent à créer des ponts entre l’Inde et la France sur le plan de la production – avec les nouveaux accords du CNC, mais aussi sur le plan de la distribution, avec la création de maisons – telles qu’Aanna Films ou NightED Films – formidables vecteurs de cinéma contemporain. Cannes, ambassadeur des cinématographies indiennes (De Satiyajit Ray dans les années 1960 à Sanjay Leela Bansali avec le film Devdas qui avait fait sensation sur la croisette en 2002, déchaînant ce qui fut plus tard appelé une “Bollywoodmania”) reste, en mettant l’Inde à l’honneur en 2013 pour le centième anniversaire de son cinéma et en programmant deux films indiens à Un Certain Regard en 2015, un moment précieux. En 2012, Anurag Kashyap – aujourd’hui icône internationale du renouveau du cinéma indien –  crée l’évènement à la Quinzaine des Réalisateurs et dans les salles de cinéma avec son Gangs of Wasseypur.

 

Malgré tout, si le cinéma indien opère des incursions sur le territoire français, le public en connaît principalement deux genres : le cinéma dit “d’art et d’essai” et le cinéma populaire. Le premier est un cinéma représenté par une longue lignée de réalisateurs placée sous le haut patronage de Satyajit Ray, et notamment de son film La Complainte du Sentier, premier film indien au Festival de Cannes (1956). C’est le cas par exemple de Rituparno Ghosh distribué en France en DVD par Bodega Films, ou encore d’Adoor Gopalakrishan fer de lance du cinéma malayalam. Les films qui nous parviennent sont donc des films d’auteurs à forte identité régionale et qui sont essentiellement présentés lors de Festivals. L’autre visage du cinéma indien connu du public français est le cinéma populaire, qu’il s’agisse de celui de Bombay, plus connu sous le terme de “Bollywood” (“Vous avez dit Bollywood?” rétrospective qui s’est tenue en 2004 au centre Pompidou), ou de celui l’Inde tamoule, dénommé aussi “Kollywood” (plus particulièrement avec l’entreprise d’Aanna Films), sans compter les réseaux informels de distribution.

 

Nous avons parlé essentiellement de l’Inde jusqu’ici et non de l’Asie du Sud dans sa globalité, quelle meilleure preuve de l’hégémonie indienne ? Le cinéma d’Asie du Sud dans son ensemble reste sous-représenté dans les grands Festivals de films asiatiques, tels que Les Trois Continents, ou le FICA de Vesoul qui se concentrent sur les cinéastes indiens ou sri lankais.

 

De plus, aujourd’hui c’est Bollywood qui concentre en majeure partie l’imaginaire du cinéma indien dans l’espace occidental, mais aussi dans le sous-continent indien. Malgré une production inférieure au cinéma tamoul en terme de nombre de films, il conserve une place dominante dans les réseaux d’exploitation des films en Inde, mais aussi dans les pays voisins, au Pakistan, au Népal et au Bangladesh, ainsi qu’à l’international. Non seulement les films indiens ont envahis leurs écrans, mais la production locale n’est pour l’instant, en grande majorité, qu’une imitation des codes et du genre Bollywood.

 

L’expression “Asie du Sud” est mal connue en France en-dehors du cercle universitaire, contrairement aux pays anglo-saxons qui ont eux-mêmes créé cette entité géographique en lui donnant le nom de South Asia. Mais en se spécialisant sur les cinémas d’Asie du Sud, Contre-courants refuse l’unité imaginée d’un cinéma indien, mais aussi la vision hégémonique indienne qui utilise le terme de “cinéma indien” pour définir la production cinématographique de toute la région.

 

Les films que nous choisissons peuvent être issus du “parallel cinema”, un courant à la croisée des chemins entre film commercial et film artistique ; du cinéma indépendant ou de la section mainstream et commerciale de la production, tant que ces films répondent à notre exigence de qualité. Une attention toute particulière est également portée aux productions régionales en Inde, dans ses langues spécifiques qui présentent des scènes d’une vitalité et d’une inventivité encore peu explorées. Nous souhaitons refléter au mieux la production cinématographique en Asie du Sud dans sa multiplicité. Les films présentés appartiendront à différents genres cinématographiques : le long-métrage de fiction, le documentaire, le film d’animation et le court-métrage, avec une section dédiée à l’art vidéo et au cinéma expérimental.

 

Si Bollywood et ses codes dominent la scène cinématographique dans les différents pays d’Asie du Sud, nous assistons depuis peu à une réappropriation du cinéma par des productions nationales. Contre-courants se veut être le relais de ces nouveaux succès en diffusant ces films népalais, pakistanais, bangladais, qui surpassent Bollywood au box office. Ces films, mis en scène par une nouvelle génération de réalisateurs dont les influences sont celles du cinéma mondial, réinventent les codes du genre Bollywood, mais aussi les normes des films de genre occidentaux. Nouvelle génération de réalisateurs, souvent issus eux-mêmes de la classe moyenne urbaine, ils dépeignent un monde qui contraste avec les clichés de Bollywood et loin de l’imagerie rurale du cinéma d’auteur indien et nous offrent ainsi un cinéma hybride et métissé esthétiquement engagé.